Gouffre Berger #1 – 01-08-2026

Participants : Benoit, Maël L, Salomé
TPST : 10h50

L’année dernière, avec à peine 6 mois de spéléo sous la ceinture, Benoit et moi n’avions même pas envisagé de regarder le camp Berger. Cette année par contre, une équipe SCV se monte et c’est sûr, on en sera ! Nous tombons très rapidement d’accord sur notre objectif : le tourisme avant la performance sportive. On veut pouvoir prendre notre temps tranquillement, ce ne sera donc pas le fond pour cette année, « juste » une visite jusqu’à la fin des Couffinades. Maël est partant pour nous accompagner, et voilà notre petit groupe formé, y’a plus qu’à !

La team SCV se séparera en plusieurs équipes sous terre, mais nous descendons tous le samedi, on se retrouve donc au camp le vendredi soir pour le briefing… Enfin, sauf Maël et moi arrivés en retardataires, juste à temps pour dîner avec les copains.
Il a plu la veille, les équipes du vendredi se reportent en partie sur le samedi, on risque d’être nombreux sous terre… S’ensuit un court conciliabule avec Benoit et Maël pour décider si nous y allons plutôt le dimanche, mais finalement, on garde la date initialement prévue. Il est temps de filer au lit, même si grâce à notre objectif modéré, nous nous accordons un réveil plus tardif que les autres 😉

Le jour J est là : le réveil à 6h30 est un peu duraille malgré tout, le temps d’émerger nous prenons un peu de retard sur l’horaire, mais finalement nous nous trouvons devant l’entrée peu après 9h après une très belle marche d’approche. On se change, les affaires qui resteront en surface sont ajoutées à la pile de celles déjà présentes, on remplit le cahier de sortie (horaire de descente de la première équipe du jour : 6h30. Y’a des grands malades (ou des insomniaques) par ici !)… Pour nous, c’est une entrée sous terre à 9h30.

Les puits d’entrée sont déjà très jolis, notamment la salle du Cairn avec ses murs lisses et verticaux qui semblent presque infinis. On enchaîne sur le méandre, au sol d’abord puis en opposition. La roche est polie par les nombreux passages, ce qui la rend plus ou moins glissante par endroits mais sans réellement gêner la progression (on remercie quand même les quelques bouts de main-courante qui permettent de rendre certains passages bien plus sereins !). La progression est rompue par les derniers puits d’entrée : bien pratique cet équipement en double qui nous offre le plaisir de les descendre d’une traite en plein vide, mais promet une remontée confortablement étagée… Comme tous les autres avant nous, on abandonne périodiquement des bouteilles d’eau pour la remontée, ce qui nous allège progressivement et fait de la place dans les kits. Avec notre horaire tardif, nous sommes quasiment seuls, on dépasse seulement un autre groupe juste avant la Grande Galerie ; on y trouve enfin l’actif, et en avant la rando ! C’est beau, c’est concrétionné, c’est immense… un plaisir pour les yeux ! Après un peu plus de 2h sous terre nous arrivons à la cote -600, où nous profitons de devoir laisser passer un groupe remontant pour casser la croûte.


On se ravitaille en eau au niveau du Vagin grâce au filtre de Maël, et on continue tantôt sur des sections sèches, tantôt le long de l’actif, c’est toujours aussi beau ! On use un peu les batteries des lampes et des appareils photos, avant de retourner dans les cordes pour les Couffinades. La progression devient un peu plus physique et technique, avec cette longue main courante plus ou moins aérienne (mais réglée extra confort) et surtout dans un cadre incroyable, au-dessus d’un long bief d’eau limpide qui (me) donne envie de sauter dedans !

On touche à l’objectif, tout se passe au top… jusqu’à ce que l’on tombe sur une équipe de 8 membres d’un certain Spéléo Club de Villeurbanne (précédés de 2 spéléos espagnols) qui remonte. C’est parti pour 45 min d’attente (et de papote) stockés comme on peut sous la dernière main courante des Couffinades : je me longe à Benoit pour libérer la corde de progression et je sors le poncho. Une fois tout le monde passé, on accède enfin au guidé, une découverte en spéléo pour moi qui n’en ai jusqu’alors fait qu’en canyon. Encore quelques rappels entrecoupés d’un peu de marche dans l’actif, et on arrive au Grand Canyon. Nouveau conciliabule : techniquement, nous nous sommes autorisés à aller jusqu’au bout du grand Canyon à -860, mais avons-nous vraiment envie de nous rajouter un aller-retour de crapahut boueux qui ne présente aucun réel intérêt à part permettre d’accéder à la suite dans laquelle nous n’irons pas ? Pas vraiment. On continue donc jusqu’au premier camp vers -750, qui a l’avantage de posséder un banc isolé et rembourré nous offrant un spot de pause goûter top confort, et puis on attaque la remontée.


Et ça commence très fort : des étourdis ont emmené la corde avec eux au premier rappel ! D’un habile lancer de pédale, Maël arrive à la récupérer, ouf tout va bien, pas besoin d’attendre la prochaine équipe qui descend… C’est parti ! Différence fondamentale entre le guidé en spéléo et le guidé en canyon : à un moment, il faut le remonter, et c’est bien plus pénible que le descendre. Nous retrouvons néanmoins rapidement la main courante des Couffinades, les garçons cavalent devant, j’aperçois par moments les lumières d’un autre groupe derrière moi : tant pis pour les photos à la remontée, on avance ! Avec tout ça, il fait chaud, les couches tombent les unes après les autres (on va finir par avoir de quoi le faire, ce calendrier des Dieux de la Spel…). On retrouve assez vite le Vestiaire, l’impressionnante coulée de calcite qui le précède, puis on prend une nouvelle pause boisson au Vagin et je me dis à nouveau qu’outre les innombrables opportunités de blagues de plus ou moins bon goût, c’est impressionnant quand même cette géologie.


On continue la loooongue remontée de la Grande Galerie, qui après tout ce qu’on a pris dans les yeux ces dernières heures, paraît bien plus monotone qu’à l’aller. Au moment où je commence à me dire que ce crapahut-cacabloc est vraiment interminable, on retrouve enfin l’actif qui signe la fin prochaine de nos efforts, ainsi que Chloé, Thomas, et Julien qui prennent une pause dans leur remontée. Dans le puits Aldo, on profite de l’équipement à double pour doubler Oliv’, Estelle, et Jacques au prix de quelques efforts (38m plein pot c’est cardio). C’est le retour du méandre, toujours aussi douteux par endroits, mais qui semble étrangement plus confortable qu’à la descente (en y repensant, peut-être que la présence d’un kit plein à la descente, qui a été transféré à Maël pour la remontée, y est pour quelque chose). Enfin, nous voilà au puits du Cairn ! C’est l’occasion d’une dernière pause boisson et goûter avant d’attaquer le 100m final. Nous y dépassons 2 espagnols en sérieuse galère, les pauvres reviennent du fond et sont absolument cramés mais refusent néanmoins que l’on sorte leurs kits ; tant pis, on continue donc à la suite de Maël qui file vers la sortie à vitesse grand V. Ça y est, on voit la lumière du jour ! Avec Benoit sur mes talons, je rejoins Baptiste dans le dernier puits, puis Max et Maël à la sortie.

On se déshabille… on sèche (ou on essaie)… on se change… on finit de dégommer la plaquette de chocolat… on essaie de trouver du réseau pour joindre Greg, car les espagnols en perdition nous inquiètent mais nous n’avons pas de corde d’inter pour les aider dans leur remontée… on abandonne et attaque la marche retour. Le réseau revient 10 minutes plus loin, Greg nous indique où sont planquées les cordes, on y retourne. On arrive devant l’entrée juste à temps pour accueillir Jacques à sa sortie, qui nous apporte un update : les espagnols ne sont pas si loin, d’ailleurs on les entend. On remet nos affaires dans les sacs et on rentre pour de vrai cette fois ! La marche retour se finira à la frontale, heureusement qu’il n’y a pas trop de dénivelé car une petite fatigue commence tout de même à se faire sentir. On retrouve Max et Baptiste aux voitures, Maxime choisit d’attendre le reste de son équipe, mais nous embarquons Baptiste avec nous direction le camp pour un bon repas et une douche chaude : rien de tel qu’une bonne sortie spéléo pour réapprendre à apprécier les plaisirs simples de la vie…

(C’est le moment du CR où je devrais dire que nous avons réuni toute l’équipe SCV sur les tables du camp Berger et festoyé jusqu’au bout de la nuit pour fêter la sortie, mais j’avoue ma faiblesse : l’idée d’attendre le retour des autres pour aller me coucher ne m’a même pas traversé l’esprit, d’ailleurs, le temps qu’ils soient de retour au camp nous dormions déjà…)

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