Participants : Estelle, Jacques Le, Julien Mzd, Oliv’
TPST : 13-14h selon
Normalement ce CR devrait revenir à Jacques Le… qui vous expliquera !
Je laisse aussi l’écriture principale à Salomé, trop réactive avec son 1er recit (cf https://speleo-villeurbanne.fr/gouffre-berger-1-01-08-2026/) et qui retrace bien l’épopée de manière générale, mais certes de son point de vue. Je rajoute donc juste qq points marquants de mon coté, sachant que j’était déjà descendu l’année passée au vestiaire des Couffinades (-640m)

Lever 5h30 pour un départ du camp à 6h, arrivée au parking de la Molière vers 6h30, nous partons en meme temps que l’équipe #3 (aka Maxime, Thomas, Chloé & Baptiste) qui devait entrer dans le trou avant nous en rapport à leur objectif… mais ce n’était sans compter l’horaire (un peu trop) matinal avec certaines facultés (dont l’orientation) pas complètement opérationnelles: ils se sont perdus sur cette marche d’approche et nous sommes arrivés bien avant eux à l’entrée; déjà changés et prets à leur arrivée nous sommes finalement descendus les 1ers, vers 8h !
Comme la dernière fois, les puits d’entrée se succèdent (avec cette lancinante idée qu’il va falloir tous les remonter au retour), mais les méandres paraissent plus accessibles (certes toujours aussi patinés, mais il me semble avec plus de mains courantes donc moins d’appréhension de tomber avec le vide dessous). Suivent le grand éboulis, le camp de base, le vagin… et le vestiaire, le tout en moins de 3h.






Un peu d’attente pour laisser remonter et c’est parti dans l’inconnu, les Couffinades, la 2e partie du gouffre qui change de physionomie comme ils disent… et on va être servis : beaucoup plus humide, quasiment que de la main courante au dessus du bief (quand même beaucoup d’eau par endroits, et pas envie d’être entièrement trempés), beaucoup plus technique et physique, avec des passages bas et hauts, des rappels guidés et quelques acrobaties… mais qu’est ce qu’est c’est joli 🙂 Moins grandiose que les immenses galeries du début, plus humain, mais avec des myriades de fistuleuses qui se mèlent à toute forme de concrétions…



Jacques cavale devant avec l’équipe #3 qui nous a rattrapée / doublée auparavant. On continue avec Estelle et Julien dans le réseau des cascades en progression tranquille, chacun à son rythme… l’heure tourne, on s’était dit 4, 5h max, avant de faire demi-tour, mais on sait qu’il ne nous reste qu’une cascade (les Topographes ?) avant d’arriver au début de Grand Canyon qui nous semble être un bel objectif.
Et là, c’est le drame ! Une personne est en train de remonter; j’attends patieeeeemmmmmeeeennnnnt (pour dire que ça y allait tranquille 😉 mais je ne dis rien sur cette vitesse de progression – spoiler alert, cf fin de CR – ) qu’elle arrive… pour me dire dans un italo-franglais que son co-équipier suit derrière. Attente similaire… et pendant ce temps, je vois arriver dessous des lumières au loin, 1 puis 2 puis… Le temps que le co-equipier arrive, la 1ere lumière est au pied de la cascade pour remonter… et qq minutes + tard je vois Baptiste poindre son casque: ils s’étaient arretés un peu plus bas, au début du Grand canyon, au niveau de l’ancien camp (pour nous attendre, manger un bout et se poser) et ont finalement decidé de tous faire demi-tour par rapport au temps, à l’etat du groupe et que la boue du Grand Canyon n’allait pas apporter grand chose de plus à la balade. Tant pis pour nous, on suit le mouvement, demi-tour et en route pour la remontée…
Rien à dire de particulier, si ce n’est que les portions nécessitant une poulie à la descente confèrent une diffuculté tout autre dans l’autre sens, que ce soit dans les rappels guidés mais surtout dans les sortes de tyroliennes dont la déclivité est moins importante!
Note technique pour une prochaine fois: on peut apporter un rea (juste la gorge de la poulie) pour un encombrement et poids minimal, mais même avec un mousqueton symétrique, ce n’est pas la panacée en efficacité, préferer qq grammes supplémentaires avec une vraie poulie.
On sort des Couffinades, et on pousse un peu jusqu’au Camp I; j’en profite pour faire une sieste (en prévision de la suite): 1/4h posé repos, sous la tente / point chaud (trop bien, confort sommaire mais le terme n’est pas galvaudé quant à la température), le temps que Maxime prépare une soupe chaude bien appréciée par tous. A peine Chloé, Jacques, Thomas et Julien arrivent, on décolle pour éviter les embouteillages plus haut (et aussi commencer à bouger car les arrets prolongés refroidissent vraiment).
La rando en montée du grand éboulis sépare les personnes, et je profite de cette ascencion pour profiter plus isolément de l’immensité du lieu… jusqu’à retrouver Estelle trop contente de voir du monde: elle avait foncé sans voir un embranchement et s’était engouffrée dans la galerie de la boue. En voulant progresser, elle s’etait enfoncée jusqu’au genou d’un coté et mi-cuisse de l’autre (cf la couleur de sa combi) avant de rebrousser chemin ! Ca me fait plaisir que d’autres que moi (cf l’année passée) se fassent avoir 😉
On attaque la longue succession de puits et méandres; j’avoue (mais ce n’est un secret pour personne) que ces longues remontées sur cordes ne sont pas ma tasse de thé, surtout quand on est plein gaz (même en fractionné), attaché à ce fin filin dans un tube lisse et vertigineux, à tourner sans pouvoir se stabiliser (limite mal de mer)… la progression est lente, en comptant chaque poussée pour se focaliser sur l’objectif plutot que l’environnement. Chloé qui m’a rejoint a été d’un support incroyable pour me motiver, m’attendre, rester dessous pour essayer de me caler au mieux en montant sur la 2e corde, prodiguant moults conseils pour eviter de m’empetrer à chaque passage de frac, me libérer du kit (même si peu lourd mais encombrant, transmis à Julien – merci – qui suivait tranquille avec Thomas derrière), poussage pour monter la dernière marche… bref elle merite son grade, et big up pour son suivi et sa patience (même si elle m’a vendu un puits de 20m pour un simple « ressaut » afin de m’encourager) !
Jamais aussi content de voir la (faible) lueur du jour en bas de la corde d’entrée (oui, sorti avant la nuit noire); je retrouve en haut Jacques et Estelle à qui j’aurais dit « Si un jour je vous dis que je suis partant pour refaire ça, voire même d’aller plus profond, prière de m’en dissuader » ! Le mulot du coin (qui vit sa meilleure vie chaque année à cette période pour glâner quelques miettes laissées par les séléos) ne semblait pas de cet avis en farfouillant mes affaires pendant que je me changeais…

Finalement, Julien et Thomas (et les 2 espagnols en peine) sortent… au grand soulagement d’Estelle frigorifiée par l’attente. Le temps d’une photo, nous attaquons le chemin de retour à la frontale: pour le coup, rien à envier à mon souvenir de l’année passée, toujours aussi long, en étant chargé et agrémenté d’un peu de D+.
Maxime nous avait attendu au parking au cas où. Retour tranquille en voiture. Au camp, je trouve l’energie de prendre une douche salvatrice… et on profite de la dispo des bénévoles (oui, à près de minuit) pour se déguster la fameuse BST (Bière de Sortie de Trou)
Meilleure nuit que les 2 précédentes, sommeil réparateur mais jambes endolories, on se retrouve pour un déjeuner de recup (ie: avec plein de gras) et une mine plus fraiche le lendemain midi !
On remet ça l’année prochaine ?!

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.