Courtouphle – 14-04-2026

Participants : Chloé, Maxime, Benoit, Salomé, Émilie (GUS), et Willy (GUS)
TPST : 4h30

Encore à fond après 3 week-ends de stage perf’, Chloé souhaitait travailler l’équipement en mode traversée sous la surveillance de Max, et comme Benoit et moi n’en avions pas encore eu assez non plus, une petite équipe de 4 s’est constituée pour la traversée de Courtouphle. Cavité remarquable du Bugey de par la présence de nombreux chiroptères, l’une des rares cavités françaises avec présence de Rhinolophes euryales (aka « le moyen rhinolophe » pour les néophytes comme nous), seule cavité de l’Ain reproduction avérée de minioptères… on l’aura compris, c’est un trou qui pèse dans le milieu de la chauve-souris. Nous sommes donc rejoints par deux amis du GUS dont Émilie, écologue, qui souhaite profiter de la sortie pour collecter des données sur les populations de chiroptères de Courtouphle au printemps (les derniers comptages à cette période remontant à 2019).

(On rappellera d’ailleurs que l’accès la cavité est interdit de novembre à mars pour ne pas déranger l’hibernation, et de mi-juin à mi-août pendant les périodes de naissance et d’élevage des jeunes.)

Rendez-vous est donné à 9h en bas du chemin d’accès, après une vingtaine de minutes de marche d’approche, nous voici devant le puits d’entrée. A noter que celui-ci se trouve juste en bord de chemin, sans réelle mesure de protection : mieux vaut faire attention à ne pas glisser sous peine de rentrer sous terre plus vite que prévu ! Entrée sous terre vers 10h30, c’est parti pour l’aventure la balade : sur le plan technique, à la progression comme à l’équipement, la cavité ne présente à peu près aucune difficulté significative. Sur le plan comptage et identification des chiroptères, la présence des euryales complique significativement les choses puisque l’élément le plus distinctif entre le grand rhinolophe et le rhinolophe euryale, nous apprend Émilie, est « la couleur de la base du pavillon auriculaire ». Voilà qui nous fait une belle jambe, la plupart de nos rhinolophes seront donc des « rhino non spécifiés » ! (NB : L’analyse des photos après sortie nous apprendra que la majorité était constituée de grands rhinolophes.)

Nous continuons à avancer tranquillement, en faisant des pauses régulières pour noter la répartition des effectifs et des espèces au cours de la progression. En effet, dès que nous nous éloignons de l’entrée, il y a des chauves-souris partout, pas toujours simple de garder le fil du comptage… Il faut également être vigilant pour ne pas les toucher accidentellement avec le casque dans les galeries ou avec les pieds lors de la descente des puits.

A l’équipement, Chloé se sent rapidement à l’aise et propose de passer la main à Benoît et moi. Je prends sa place avec plaisir et un poil trop d’enthousiasme : focalisée sur ce que m’indique Max pour m’installer au relais, j’attrape distraitement ma longe longue et envoie ainsi ma poignée voltiger allègrement dans le P11 sous nos pieds. Ouf elle n’est ni perdue, ni abîmée, mais un compte-rendu (et quelques railleries méritées) de gagné !

Nous arrivons vers la salle des Trois Gardes et deux chemins s’offrent à nous : Willy part explorer l’itinéraire haut, qui offre un beau point de vue sur le plafond mais ne permet pas d’avancer plus loin. On passe donc en bas et trouvons nos premières « grappes » de grands rhinolophes et de minioptères : plus possible de compter, il faut photographier ! Pour éviter de les déranger et de les faire s’envoler avant que le cliché soit pris, nous attendons dans la pénombre qu’Émilie soit opérationnelle, avant d’éclairer aussi brièvement que possible pour la photo. Je traverse la salle par le haut, en passant devant ses 3 stalagmites éponymes, pendant que le reste du groupe choisit le passage étroit en bas. Peur de trop se salir les chaussures dans le guano ou frustration face à une sortie pas assez sportive à leur goût ? Mystère… Je continue le comptage en les attendant, mais j’éteins bien vite ma lampe quand j’aperçois l’énorme grappe de minioptères suspendue au-dessus de ma tête. Les autres me rejoignent et nous attendons dans le noir qu’Émilie nous rejoigne avec son fidèle appareil photo : ils sont tellement nombreux qu’on les entend même couiner. La grappe principale est si volumineuse qu’elle rend celle d’à-côté, qui rassemble pourtant une centaine d’individus, presque insignifiante. Au comptage sur photo effectué après la sortie, elle dépassera les 1000 individus ! Soudainement, nos préoccupations de début de sortie (« tu en as compté 15 ou 17 sur cette section ? ») semblent bien futiles…

A la sortie de la salle des Trois Gardes, nous prenons soins de remplir le cahier de fréquentation du CDS01 pendant que Max et Benoit s’occupent de l’équipement du dernier puits ; le comptage sur la dernière partie sera un peu plus laxe, mais nous permettra quand même de détecter un murin de Daubenton dissimulé parmi les rhinolophes et minioptères. Mention spéciale pour la très belle galerie en conduite forcée de la sortie, et nous voilà dehors !

Il est temps d’en découdre avec la partie la plus physique et la plus dangereuse de la sortie : la marche retour. Nous sortons au pied de la falaise dans une pente abrupte, sur un sol mi-boueux mi-pierrier ; heureusement, une main courante a été mise en place sur la première section afin d’éviter les glissades. Pas question néanmoins d’enlever les casques ou de traîner plus que de raison : la falaise à notre gauche n’est pas des plus solides, comme peut en témoigner le morceau de la taille d’une brique qui a failli assommer Benoit… Il nous faudra tout de même un bon 45 minutes pour revenir aux véhicules, car hélas, qui dit traversée en descente dit marche retour en montée !

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Une réponse à Courtouphle – 14-04-2026

  1. Cecile dit :

    NB: avec une navette de voitures, il est possible de redescendre du côté de la sortie

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