Participants : Maël L, Salomé
Après un été passé à canyoner (pour nous deux) mais aussi à travailler dur (pour Maël), voici venu le temps des vacances ! Cap sur la vallée de Chamonix pour une semaine, pendant laquelle nous sommes bien décidés à tester de nouveaux terrains de jeu. Les candidats sont relativement nombreux mais une fois écartés les canyons glaciaires (encore trop en eau à cette période de l’année), ceux dont l’équipement a une trop forte probabilité d’avoir été défoncé par les crues saisonnières, et ceux qui nécessiteraient que nous portions à nous deux plus de 250m de corde, le choix est plus restreint. Le canyon de la Pointe Percée retient notre attention, mais c’est un canyon alimenté par la fonte des névés (terminée depuis longtemps avec la canicule de cette année…) et/ou les précipitations (vous avez dit sécheresse ?), pas dit qu’il soit en eau. Il a plu l’avant-veille, avec un peu de chance, ça va le faire !
Nous partons donc de bon matin à un horaire raisonnable en direction du parking du Burzier, d’où il nous faudra juger l’état de la « piste 4×4 » pour savoir si nous allons devoir nous enquiller la marche d’approche en version courte ou longue… Arrivés à l’endroit indiqué par le GPS, après quelques essais infructueux, il faut se rendre à l’évidence : la voiture ne passera pas. C’est parti pour grimper à pied comme des vrais sportifs. Au bout de 45 minutes de labeur (je souffre un peu avec la 55m sur le kit en plus de mes affaires, j’ai du mal à imaginer l’enclume que Maël se trimballe avec la 120m sur le dos), nous commençons à avoir de sérieux doutes. L’itinéraire indiqué par les panneaux ne correspond pas à ce que nous avions repéré la veille sur les cartes… et pour cause, (à cause de l’horaire matinal sans doute, et nullement par pure étourderie 😇) on s’est plantés de parking. A peine cette conclusion établie que nous atteignons la « bonne » piste 4×4, effectivement nettement plus praticable ! Ni une ni deux, je redescends en mode trail à la voiture, je prends la route pour le bon parking, j’enchaîne sur la piste qui se fait sans problème (pour peu qu’on ait une bonne garde au sol et un peu de puissance par endroits), et je rejoins Maël et les kits un quart d’heure après les avoir abandonnés au bord de la piste. Une dizaine de minutes supplémentaires et nous voilà garés au niveau du refuge de Mayères d’où nous pouvons attaquer la marche d’approche, la vraie cette fois ! Allez courage, plus qu’1h30 de crapahut, et au moins maintenant on est échauffés… 😅




Une grattouille au chien de berger du coin et une pause sandwichs plus tard, nous voilà enfin en haut du canyon. La superbe C100 plein gaz des Fours sup’ nous nargue un peu plus loin, mais nous sommes heureux de constater que la Pointe Percée est en eau elle aussi (en DC- certes, mais en eau) ! On se change (il fait beau, chaud, et vu le débit gentillet, les vestes de néoprène resteront dans le kit) et on s’y met.
Quelques désescalades de blocs plus tard, il apparaît rapidement que ça va être beau, TRÈS beau. Les premières cascades sont creusées dans une roche sombre presque noire là où elle est mouillée, veinée de blanc, c’est magnifique. C’est aussi une patinoire (dixit Maël : « c’est marrant, on peut descendre sans bouger ses pieds »), mais c’est magnifique. A la descente, on admire le sommet qui nous surplombe et qui a donné son nom au canyon ; à l’équipement, c’est carrément vue Mont Blanc par endroits. L’eau est étonnamment bonne, on se fait arroser avec plaisir dans les cascades, même si on n’en a presque jamais au-dessus des chevilles le reste du temps. On prend le temps de s’émerveiller et (pour ma part) de faire ce qui s’apparente à un reportage photo de l’expérience, mais à deux on avance vite, surtout que les cascades s’enchaînent bien et nous permettent d’équiper la suivante directement après avoir rappelé la corde sur la précédente (voire même parfois sans même déplacer le débrayeur 🤣). On passera bien quelques minutes à chercher les points juste après la C42 avant de découvrir le monopoint caché derrière un relief, mais l’équipement est en excellent état et sans difficulté notable. Un excellent bol d’air et de fraîcheur qui fait sacrément du bien !







Arrivés au pied de la C25 terminale, on remballe les cordes et j’en profite pour prendre une dernière douche fraîche avant d’aller se changer au sec, sur les rochers au niveau du sentier de sortie. Nous reprenons donc nos paquetages pour une bonne heure de marche retour. Comme pour l’approche, la balade est jolie mais bon sang que c’est lourd ! Il nous faudra quelques pauses avant de retrouver avec bonheur la voiture pour enfin nous délester et signer la fin de cette journée rando – trail – re-rando- canyon -encore rando 😜

TPDC : 3h
Notes pour ceux qui souhaiteraient répéter la balade :
– Ne pas indiquer le chalet de Mayères dès le départ au GPS, qui risque de vous faire passer par le mauvais parking et la mauvaise piste ^^’. Viser le parking du Burzier, et de là prendre la piste « le Tornieux » / « chalet de Mayères »
– Sauf si votre dos est en acier trempé, préférer une équipe de 3 au moins pour répartir les cordes… A noter d’ailleurs que la C42 est la seule « grande » cascade, sinon, rien au-delà de 25m.
– Équipement en très bon état ce jour, relais reliés textile (prendre de la corde à couper au cas où) ou deux points non reliés. Un monopoint en haut de la C10 qui fait suite à la C42 (à chercher en rive gauche une vingtaine de cm sous après la cassure), sinon deux points partout. La C5 et la C6 juste avant la C42 s’enchaînent sur la même corde malgré le virage à 90° !
– A faire après la fonte des plus gros névés donc pas avant fin juin, et alimentation pluviale donc en fin de saison 24-36h après la pluie. On reste en montagne donc attention au risque orageux parfois imprévu en fin de journée.
– Progression et équipement faciles, nécessite de maîtriser le fractionnement, le nœud patate, et le débrayable du bas.
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