Les Cavottes – 04-07-2026

A l’occasion d’un week-end entre amis au gîte du GCPM, diverses initiations de copains et copines non-spéléos sont prévues dans des cavités proches de Montrond-le-Château. Je retrouve Saphire et Chloé, deux Troglos et anciennes collègues du stage perf, pour une balade dans les Cavottes : Chloé s’y était déjà promenée à l’occasion du stage ce printemps, mais ce sera une découverte pour Saphire et moi. Nous prévoyons une sortie d’une durée raisonnable avec peu d’obstacles à équiper, car ce sera aussi la toute première sortie souterraine de Marion, notre quatrième comparse.

Le démarrage se fait tranquillement, nous sommes à 11h devant l’entrée, juste derrière un autre groupe qui prévoit d’aller y faire de la photo. Nous prenons le temps d’aller explorer la galerie « historique » qui s’ouvre sur la droite juste après l’entrée pour les laisser prendre un peu d’avance : sympathique mais sans intérêt transcendant, et puis le sol terreux devient rapidement glaiseux puis collant puis franchement boueux et puis ne serait-il pas temps de se remettre sur l’itinéraire prévu ? Nous reprenons le chemin de la salle du Chaos, sans même avoir besoin de sortir la topo dans les embranchements : la cavité est tellement parcourue, il suffit de suivre l’itinéraire où la roche est polie. Se cogner dans une paroi n’aura jamais été aussi doux !


Arrivées à la salle du Chaos, Marion ne se sent pas très bien, elle a chaud (nous aussi), elle a du mal à respirer (nous ça va : petit stress d’une première sortie ou sensibilité au CO2 ? Il peut y avoir un peu de gaz par ici…). Nous prenons une minute pour faire une pause, une immersion dans l’obscurité et le silence, allongées sur les blocs pour nous rafraîchir. Rapidement, ça va mieux, et nous reprenons la route grâce aux indications de Chloé : en effet, pas facile à repérer cette petite faille dans laquelle se faufiler (pour les prochain.e.s : chercher vraiment juste à gauche du creux qu’enjambe la tyrolienne) ! Quelques pas de désescalade plus loin, nous trouvons l’échelle et sa corde à noeuds qui nous permettent de ressortir au niveau du départ de la tyro. Nous continuons en direction du Faux-Pas, que j’équipe (en partie) en double par-dessus les cordes du groupe précédent : au final, il y a largement assez de broches, spits, et AF pour que tout le monde y trouve son compte. A la fin de la vire, nous avons le choix de passer par le P4 ou de le shunter par la droite : Chloé nous informe que le passage de droite est un peu étroit et pénible, Marion nous informe qu’elle a adoré son initiation au rappel dans la grange la veille au soir, le choix est vite fait.

Nous atteignons donc rapidement la main courante qui mène au P9, enfin, les mains courantes : il y a des points en rive droite, en rive gauche, et en rive gauche en hauteur. Mathieu (Troglos) nous avait dit la veille : « passez en haut, c’est plus fun », donc, c’est parti pour l’itinéraire en hauteur. Itinéraire effectivement sympa mais sportif : la main courante n’est techniquement pas aérienne, mais la roche polie glisse tellement sous les pieds que c’est tout comme et je me retrouve à sortir quelques fois la pédale au cours de l’équipement.

Je suis récompensée de mes efforts par un beau P…14 ? 15 ? (à la louche) plein vide et je demande à Marion : « Tu préfères avoir à faire une grande longueur d’une traite, ou devoir passer un fractionnement ? » « Une grande longueur, c’est bien ! » « Tu es sûre sûre ? » « Oui ! » (spoiler : elle changera d’avis à la remontée.)


Arrivées en bas, nous hésitons entre la galerie Sud et la galerie Nord pour la suite de la balade. Saphire tranche, la salle des Dunes lui fait envie, nous continuons donc au nord en prenant le temps de désespérer brièvement face à un tag (oui, un tag, à la peinture, après les passages à équiper…) dans la seconde partie de la salle Fournier. Court moment d’hésitation pour trouver le passage vers la salle des Dunes, mais encore une fois les traces de fréquentation viennent à notre rescousse : oui ce passage semble un peu étroit par rapport à ce qui est annoncé sur la topo, mais le rocher y est vachement poli, non ? Ah ben oui, c’était par là. Nous nous trouvons donc au milieu desdites dunes (ce serait plutôt les salles de la dune : une salle, une dune) dans de grands volumes, c’est joli comme tout. Nous suivons le ruisseau (qui, après 4 semaines de sécheresse caniculaire, tient plus de la collection de petites flaques dans lesquelles nagent paisiblement quelques… vers ? sangsues ? animaux fascinants non identifiés) jusqu’à la salle ex-terminale qui est fort sympathique avec ses parois cannelées, ses cheminées au plafond (dont une équipée, selon la légende, d’un nain de jardin qu’aucune de nous n’a remarqué), ses sculptures d’argile laissées là par de précédents spéléologues à la fibre artistique. Mais l’heure tourne, il est temps de faire demi-tour !


Arrivées au bas du P~14, nous croisons une autre équipe en cours de descente sur l’itinéraire rive droite. Sortie classique d’initiation dans le coin, ce n’est pas ici qu’il faut aller pour se sentir seul.e.s au monde… Le temps que mes trois comparses remontent, je pars faire un petit tour dans le début de la galerie Sud : même ambiance une salle = une dune, mais des parois cannelées de toute beauté et d’encore plus grands volumes, la prochaine fois, il faudra vraiment aller y faire un tour. Je retrouve le groupe juste à temps pour envoyer Marion sur la remontée, Saphire l’attend en haut pour l’aider à négocier la tête de puits en plein vide. Je déséquipe derrière elles et les retrouve au pied du P4, que je commence à déséquiper à leur suite avant d’hésiter : il n’y a que nos cordes, l’équipe que nous venons de croiser n’a pas équipé en double… Un bref conciliabule nous permet de conclure qu’il est possible de remonter le shunt en escalade / oppo, et qu’ils auront leur corde du P9 pour équiper la main courante, ça devrait aller pour ressortir. Au pire, on viendra vérifier après le dîner ce soir qu’il n’y a plus de voiture sur le parking (spoiler : personne n’a eu la motivation de le faire). Il ne reste plus qu’à profiter de la tyrolienne malgré un léger contretemps (la veille : « Il faut pas qu’on oublie la corde de rappel pour la tyro… » « Mais non, on aura tout déséquipé, on aura des cordes, c’est bon ! » ; le jour J : « Ah. Mais du coup il faut qu’on s’amuse à défaire tous les noeuds là, maintenant… c’est fou comme quatre personnes suffisent à tanker un noeud dis donc ») et nous retrouvons la lumière du jour moins de 10 minutes plus tard.

TPST : environ 5h30

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