Fort de Chaberton – 30/31-08-2025

Participants : Jacques LE et son fils Simon, Francky, Cécile

J’avais vu un reportage à la télévision sur un fort englacé qui, avec le réchauffement climatique, était de plus en plus accessible et cela m’avait envoyé du rêve. Alors quand Jacques a proposé une randonnée à ce lieu chargé d’histoire, c’était l’occasion ou jamais.

N’empêche que j’ai la pression car je suis l’élément faible du groupe en termes de capacité de portage et d’équipement et une rando jusqu’à 3133m l’altitude, je sors clairement de ma zone de confort.

Heureusement, la solidarité du SCV se met en route : P’tite Flo, qui y est déjà allée, me prête un sac à dos léger et un sac de couchage chaud et Maël un sac à viande permettant de gagner encore jusqu’à 5°C. En effet, il peut faire 0/-5°C au sommet / à l’intérieur du fort où nous nous proposons de bivouaquer.

Reste le risque météo : il pleut la semaine précédente et le lundi suivant mais nous bénéficions d’une fenêtre parfaite pour le week-end du 30-31 août. Toutes les planètes sont alignées, et je n’ai donc aucune raison valable de me débiner. J’essaie d’optimiser mon paquetage et suis plutôt contente du résultat. Par contre, je fais l’impasse sur les 2-3 kg de matériel spéléo et les crampons et préfère prendre le même poids en eau. Voir le Fort sera déjà une super expérience et il n’est pas dit que l’on puisse passer dans les galeries englacées.

Nous décollons de 9h de Villeurbanne, récupérons Francky au passage, passons près de Briançon, la Meije au loin et arrivons vers 12h30 sur place. Sur la route, les paysages nous ravissent. Je n’étais jamais allée si loin de ce côté. Nous avalons notre pique-nique au pied d’une remontée de ski, puis entamons la montée. On encourage Francky à alléger un peu son sac à dos des familles mais il préfère relever le défi de monter ses 21 kg.

Jacques a fait un travail de préparation de malade : parking au plus proche, vidéos, plans, il a tout dans la tête, ainsi que la trace gpx sur son téléphone. Celle-ci nous fait passer à un moment en rive droite dans le sens de la montée, et certains passages nous semblent un peu olé olé, mais nous évitons ainsi le gros des gens qui descendent. Nous sommes surpris de croiser autant d’Italiens, jusqu’à ce que l’on réalise que la frontière italienne n’est qu’à quelques km. Nous avançons régulièrement, croisons quelques guérites effondrées que nous nous promettons de voir au retour et arrivons vers 19h en haut. Simon, qui sur la fin avait pris son vrai rythme, redescend à notre rencontre, et propose même ses services de porteur, mais tout va bien.  Le sommet ayant été dynamité, nous arrivons sur une plate-forme qui nous ferait croire qu’il n’y a plus rien. Mais en redescendant sur le côté, nous apercevons les tourelles.

Nous explorons les lieux : inscriptions, anciens réceptacles d’obus, lavabos, latrines d’époque, grimpons dans une tourelle via un escalier métallique qui tient encore. Il y a des panneaux pédagogiques gisant malheureusement en partie à terre, expliquant l’histoire du Fort, construit puis défendu par les Italiens (ainsi qu’une stèle).

Le sommet est battu par les vents si bien que nous décidons de dormir à l’intérieur. Nous dressons les tentes dans d’anciens dortoirs au fond munis de planchers en bois et utilisons des morceaux de couverture de survie trouvés sur place pour l’isolation au sol. Puis repas (les nouilles instantanées sont bien appréciées) et magnifique coucher de soleil sur les sommets avec vue à 360°. C’est magique.

La nuit a été relativement bonne, mais en termes de température, nous étions surprotégés si bien qu’on a plutôt étouffé avec nos sous-combis spéléo, sac à viande, duvet, cagoules, tente, etc… Nous n’avons pas regretté notre choix d’être à l’intérieur surtout quand nous avons entendu un des 2 autres groupes chercher une solution de repli au milieu de la nuit car il faisait trop froid à l’extérieur battu par les vents.

P’tit déjeuner sous un beau soleil à l’air frais et avec une vue de folie. Nous admirons le paysage puis descendons visiter de fond en combles les baraquements en contrebas. Au col, nous passons de l’autre côté visiter un ancien bâtiment puis les meurtrières plus loin. Comme on repasse par là, je laisse mon sac à dos, et suis soulagée de le retrouver.

Nous poursuivons la descente et croisons les randonneurs. Nous en oublions de visiter les guérites. La descente tape un peu dans les genoux et échauffe un peu les pieds. Petite chute de Francky, les cailloux ayant glissé sous les chaussures mais il s’en sort heureusement avec plus de peur que de mal. Maintenant que nous avons atteint notre objectif, le dernier plat nous semble un peu interminable.

Nous arrivons cependant juste à temps pour manger pizza + glace + café au restaurant du village avant sa fermeture définitive pour la saison puis reprenons la route aux paysages toujours aussi saisissants.

Nous avons eu des conditions idéales : météo et équipe au top. C’est un souvenir mémorable ! Merci à l’équipe, c’était génial de partager ça avec vous.

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