Rando autour du Mont-Blanc – 8 au 11-08-2015

Randonnée interclubs
Massif du Mt Blanc du 8 au 11 août 2015

Les aventuriers :

  • Pour le SCV : Jack, Alexandre
  • Pour le CAF : Yves, Maria
  • Indépendant : Nicolas

Samedi 8 août
2h30 de route pour certains, 3h30 pour les autres, le RdV était pris pour le début d’après-midi à la gare du TMB (tramway du Mt Blanc) au Fayet, mais la tempête de la veille a encore eu raison du timing pour Yves et Maria. Coupures générales d’électricité, congélateurs arrêtés, il faut attendre EDF. Pas grave, on prend son mal en patience, c’est les vacances. Oui mais quand même, ça fait ch…
Pendant ce temps, avec Alex et Nico, impatients, et à l’heure au RdV, on commence tranquillement par une rando dans les gorges de la Gruvaz, à l’est du village du même nom.

Un courageux !

Un courageux !

Malgré des prévisions météo alarmantes, le temps est au beau fixe. Bizarre, on a beau chercher, pas un cumulus dans le ciel. Go, c’est le moment d’en profiter : séances photos, chamois à l’affut, et à la sieste, séance contemplation, méditation, puis glaciation. Si l’eau du canyon alimenté par la fonte du glacier de Miage n’est pas très claire (on s’attendait à une belle teinte immaculée turquoise), son débit est plutôt vif et sa température revigorante. 5 à 6°C tout au plus. Nico sera le plus courageux.

Après cette petite mise en jambe, 2 heures et quelques km plus loin, nous rentrons dans l’appartement in extrémis, à peine le temps de poser les sacs que le ciel nous tombe sur la tête. Ils avaient vu juste, c’est le déluge. Et la même chose est annoncée pour le lendemain. Ça craint !

Dimanche 9 Août
Etait prévu le Nid d’Aigle. Vu l’état du ciel et les conseils dissuasifs de notre charmante hôtesse du TMB, ce sera de nouveau rando tranquille. Direction le téléphérique de Le Plagnolet qui nous montera jusqu’à 1900 m, puis rando jusqu’à la rive gauche du glacier d’Argentière, au-dessus du refuge de Lognan et des départs de tunnel, 2030 m.
Kway, parka, chapeau western, tous les moyens sont bons pour se protéger des caprices de ces satanés altostratus.
Et de la patience ! Le paysage est somptueux mais en une minute à peine, le glacier peut dévoiler ses impressionnantes cicatrices pour les voiler la minute suivante. Il faut savoir patienter pour apprécier, et nous ne serons pas déçus.

Le glacier d'Argentière

Le glacier d’Argentière

Lundi 10 Août

En avant Bertrand (mais c'est qui Bertrand?) !

En avant Bertrand (mais c’est qui Bertrand?) !

C’est le grand jour. Cette rando était prévu depuis longtemps. Selon les spécialistes de la météo, l’été 2015 a battu des records de chaleur et sécheresse, en plus du réchauffement climatique, nous avons pu voir les conséquences sur les glaciers.

Départ 8 h pétante de la gare du TMB à Le Fayet. Ce train-là est rarement en retard ! Il nous emmènera après une bonne heure d’ascension au Nid d’Aigle, 2370 m. Le temps est annoncé au beau fixe jusqu’à 15 heures. On a le temps. Ça me rappelle les bons souvenirs, quelques années auparavant avec l’ascension du sommet. 4810 m. Ou plutôt
4807 m, à l’époque ! (c’était en 1997). D’ailleurs, il bouge tout le temps, ce sommet. On ne sait même plus à quelle hauteur s’en tenir !

Le refuge de Tête Rousse

Le refuge de Tête Rousse

Objectif du jour, 3160 m et des brouettes. Glacier de Tête Rousse et son refuge. Un régal. La température est clémente. 3 heures d’ascension avec un panorama grandiose. Nous savons que nous n’irons pas plus haut, le refuge du Goûter est fermé et le Grand couloir, le fameux couloir de la mort est fortement déconseillé. Nous avons chronométré, toutes les 15 minutes environ, un éboulis se fait entendre autour de nous. A chaque bruit suspect, les yeux se lèvent instantanément pour chercher. L’épiderme montagneux est en perpétuelle agitation. Bien que tous aussi impressionnants et crispants les uns que les autres, les mouvements visibles sont heureusement assez loin, les autres sont cachés derrière des barres rocheuses. Sur le sentier, le bas du glacier de Bionnassay est méconnaissable tellement sa croute rocailleuse est épaisse.

Au dessus, le refuge du Gouter

Au dessus, le refuge du Gouter

Nous arrivons au bas du glacier de Tête Rousse. Je m’y attendais, mais pas à ce point. Selon mes souvenirs, il faisait bien 5 à 6 mètres de plus, mais pas en longueur, en épaisseur ! Il arrivait au pied du refuge. Aujourd’hui, une centaine de mètres les sépare.

En août 1997, je me souviens avoir traversé le couloir de la mort, dont sa pente impressionne plus d’un montagnard aguerri, avec les crampons aux pieds et le piolet solidement enfoncé dans la glace avec l’angoisse de débarouler quelques 2 ou 300 m plus bas. Aujourd’hui, plus rien. Du caillou, que du caillou ! Pas le moindre résidu de névé dans le couloir. Mais il reste toujours aussi angoissant. 600 m au-dessus de nos têtes, le refuge du Goûter, perché sur son promontoire, nous nargue avec son espèce de dôme à mille facettes. Ce sera pour une autre fois ! Nous le savions.

Au fond, l'Aiguille du Midi

Au fond, l’Aiguille du Midi

Comme souvent, la descente est plus délicate que la montée, surtout entre Tête Rousse et le plateau qui nous amène à la Baraque Forestière des Rognes, à 2770 m où plusieurs candidats étaient installés pour le bivouac. Français et étrangers, très bien équipés, contrairement à ce couple encordé avec leurs 2 enfants, apparemment à peine 10 ans, qui tentait la montée jusqu’à 3000 m. Dans les premiers passages délicats, on lisait la trouille et la fatigue sur le visage des 2 mômes. Allez comprendre !! Ils ont dû très vite faire demi-tour car ils nous rejoignaient, les parents le teint légèrement contrit, peu de temps après notre retour au Nid d’Aigle.

Surprise ! Nous étions surveillés, puis bien escortés pendant la descente. Une horde de caprinés (ndlr : en fait, il s’agit bien de bouquetins !), sans doute à l’heure de repas, habituée à tous ces visiteurs, était venu déguster les restants de lichen. Certains se laissaient côtoyer à moins de 5 m.

Bouquetin crête

Bouquetins

Mardi 11 Août
Dernier jour. Programme aussi intense que la veille. Après avoir rendu les clés, direction Argentière puis Tré-le-Champ. L’objectif était le Lac Blanc, 2350 m, mais il aurait fallu partir plus tôt. Ce sera donc les Lacs des Chéserys, 2210 m.

La pente est raide, le soleil cogne. Il y a du monde. La rando n’est pas plus facile que la veille, mais pas de téléphérique, ni de funiculaire, rien à payer, donc plus accessible. Tout y est, enfants, parents et grands-parents, touristes en baskets, randonneurs chargés comme des mulets, ceux-ci achèvent leur tour du Mt Blanc, en général 1 semaine.

Maria ne sera pas des nôtres aujourd’hui, son intense mal de tête de la veille appelle à la prudence, au repos. Elle aura le mérite de savourer le Lac Blanc le lendemain avec Yves. Les veinards ! L’eau des lacs Chéserys est d’une pureté éclatante. Comme la majeure partie des randonneurs est au Lac Blanc, nous sommes tranquilles. L’extase. Le plaisir suprême, éthéré. Les pieds dans l’eau ou sieste sur le rocher, un abandon à nous rasséréner.

Action !

Action !

Au retour, on devinera de très loin quelques naturistes dans un des lacs voisin des Chéserys. Nous reviendrons …
Le retour par le Grand Balcon Sud nous apporte un paysage homérique, partagé avec allégresse. On ne se lasse pas de l’admirer. Face à nous, sur 120°, en ultra HD, et par temps clair, le glacier des Grands, la Montagne de Peclerey et son Bec Rouge, le glacier d’Argentière, la Montagne de Lognan et son Aiguille des Grands Montets, la Mer de Glace, et pour finir, le majestueux sommet du Mont Blanc.

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